Le quartier de la Genetoye et le temple dit de Janus

Publié le 23 janvier 2016

Le secteur situé à la confluence entre la rivière Arroux et le Ternin, à quelques centaines de mètres de l’enceinte d’Autun – Augustodunum, capitale des Eduens à l’époque romaine, se révèle extrêmement riche.

Son occupation s’inscrit résolument dans la longue durée. Dans l'état actuel du dossier, les premiers vestiges attestés remontent au Néolithique : il s’agit d’une vaste enceinte composée de fossés interrompus et de palissades, couvrant près de huit hectares de superficie. De nombreuses autres structures ont été repérées mais la fonction et l’évolution de tous ces aménagements demeurent encore imprécises.

Un ensemble d'indices fugaces suggère la poursuite de cette occupation à l'Age du Bronze et à l'époque gauloise. Malheureusement, il est actuellement très difficile de préciser la nature (habitat, funéraire ?) et le rythme (en termes de continuité et de ruptures) de cette occupation ancienne. En réalité, le site est surtout connu pour ses vestiges gallo-romains. Il recèle un sanctuaire de périphérie urbaine parmi les plus monumentaux du territoire des Trois Gaules comparable à celui de l'Altbachtal à Trèves. Il intègre des constructions spectaculaires comme les ruines encore visibles du temple à plan centré dit de Janus, l’un des édifices de ce type les mieux conservés de Gaule avec la Tour de Vésones à Périgueux, classé au titre des monuments historiques depuis 1840. La tour centrale (cella), bâtie en petit appareil soigné, adopte un plan carré d'environ 16,50 mètres de côté et est encore conservée sur une hauteur de 24 mètres environ, son entrée (aujourd'hui disparue) se situait à l'est. Chacune des façades est rythmée par des niches (à l'intérieur et à l'extérieur) et trois petites ouvertures à 13 mètres de haut éclairaient l'intérieur de la pièce. Sous ces ouvertures, les trous de fixation d'une charpente témoignent de l'existence d'une galerie couverte aujourd'hui disparue.

La divinité honorée dans ce sanctuaire n'est pas clairement identifiée faute pour l'instant d'arguments épigraphiques (l'hypothèse d'un culte à Janus, erronée, serait issue d'une mauvaise interprétation à l'époque moderne du toponyme Genetoye, les Genêts).   D’autres monuments encore enfouis dans les environs sont également impressionnants. On peut citer le théâtre de 134 m de diamètre, découvert par photographie aérienne en 1976 à une centaine de mètres au nord-ouest des restes du célèbre temple précédemment cité : c’est l’un des plus grands du monde romain avec celui situé à l’intérieur de la ville.

Ce quartier remarquable qui paraît se développer sur plusieurs dizaines d’hectares restait jusqu'à présent très mal connu.  Cet espace au potentiel archéologique exceptionnel a donc pleinement justifié la mise en place d’un programme de recherches ambitieux et transdisciplinaire en 2012. Il repose sur une collaboration scientifique qui associe le service archéologique d'Autun et trois équipes universitaires / CNRS (Universités de Bourgogne, Franche-Comté, Paris-Sorbonne), en partenariat avec l’Inrap et le Centre Archéologique Européen de Bibracte. Il génère chaque année une campagne de fouilles programmées.

Pour en savoir plus, téléchargez la plaquette de présentation (PDF - 2 Mo) des recherches archéologiques conduites vers le temple dit de Janus.

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