Ravalement de façade du théâtre municipal d'Autun

Publié le 20 septembre 2017

Les travaux sont en cours depuis octobre 2017.

Construit en 1884, le théâtre municipal d'Autun a fait l'objet d'une restauration intérieure en 1988.  Le chantier actuel se consacre à la rénovation extérieure. L'objectif est de restaurer cet édifice classé à l’inventaire des Monuments historiques en 1991, pour mettre en valeur et protéger sa façade principale sud et ses deux petits retours en façades est et ouest, ainsi que les acrotères (les murets situés en toiture) et les éléments sculptés. Certaines parties de la couverture seront également reprises.

Les travaux ont commencé début octobre et dureront environ 15 mois (sauf intempéries).
Pendant toute la période de restauration du théâtre, les spectacles sont maintenus.

Les étapes du chantier

L'échafaudage

Le montage des échafaudages sur la façade sud s'est effectué durant le mois d'octobre. 

Intervention sur la façade

Débutée en novembre, elle se caractérise par :

Intervention sur le balcon

La restauration des deux consoles centrales du grand balcon sera faite ainsi que la réfection et la restauration des décors sculptés.

Peintures

Les menuiseries des portes et fenêtres de la façade seront repeintes.

Retrouvez au fil des mois les avancées du chantier sur notre site.

Les entreprises

La maîtrise d’œuvre a été confiée  au cabinet 2BDM Architecture et Patrimoine (Paris), sous la responsabilité de Frédéric Didier, architecte en chef des Monuments Historiques.
Le bureau VERITAS de Chalon-sur-Saône est désigné comme coordonnateur Sécurité-Santé.
Cinq entreprises interviennent sur ce chantier, dont certaines sont spécialisées en restauration de bâtiments anciens :

Le budget

Il s'élève à 395 000 € HT, dont 28% environ sont subventionnés par la DRAC (direction régionale des Affaires culturelles) et 18% par le département de Saône-et-Loire.

Petite histoire du bâtiment

Quand l’architecte Jean-Etienne Giroud est chargé de concevoir cette nouvelle salle de spectacle en 1881, il réserve pour le décor très riche qui ornait la partie supérieure de l’édifice un matériau réputé pour sa blancheur, la pierre de Tarascon. Malheureusement celle-ci est très friable et s’érode facilement. Encore visible dans des villes méridionales comme Marseille ou Alger, elle n’a pas résisté au frimas du Morvan.  Il est vraisemblable qu’à l’occasion de restauration opérée dans la deuxième moitié du XXe siècle, on a supprimé ce qui était jugé irréparable (voir ci-dessous) et effectué un ragréage avec une sorte de ciment pierre pour reconstituer certaines parties manquantes. Mais quelques décennies plus tard, il semble que le mortier utilisé comme matériau de substitution ait créé des désordres sur la pierre, inesthétiques mais aussi dangereux. D’où la pose d’un filet de protection en 2013 pour les éventuelles chutes de maçonnerie.

Le chantier actuel a pour but de remplacer les parties de décor encore présents et endommagés en partie supérieure de la façade et sur le balcon. Certains blocs de pierre seront retirés et laisseront place à de nouveaux éléments sculptés à l’identique par des artisans spécialisés. La tâche n’est pas aisée car les pièces sont scellées entre elles par des agrafes métalliques, et il est parfois nécessaire de les bûcher sur place. Les nouveaux éléments faits d’un matériau importé de la vallée du Rhône, sont préparés en atelier puis glissés « en tiroir » ou introduits par le dessus. L’artisan sculpte les pierres en reproduisant les motifs existants, souvent répétitifs. C’est un travail long et rigoureux qui requiert beaucoup d’habileté. Il faut environ trois jours pour sculpter moins d’un mètre de décor. Cela explique pourquoi quinze mois sont nécessaires pour restaurer cette dentelle de pierre. Il n’aura fallu qu’un peu plus du double pour construire tout le bâtiment !

Splendeurs disparues

Les documents et photo d’archive nous disent qu’en 1884 à l’achèvement du chantier, deux figures allégoriques encadraient le fronton central, lui-même couronné par le buste de la Renommée posé sur une console. Des décors de draperie, des  épis en pomme de pin et d’autres détails sculptés traduisaient la magnificence du bâtiment. Tous ces éléments très ouvragés ont disparu et ne seront pas remplacés, non seulement pour des raisons de coût mais aussi par manque d’éléments d’archive qui permettraient une reproduction fidèle.

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